IA3 min de lecturePar Paul Lefizelier

Le New York Times attaque Brave pour scraping au profit de l'IA et contournement des paywalls

Le 2 novembre 2026, le New York Times et trois autres journaux ont assigné Brave Software. Ils l'accusent de copier leurs articles dans son index de recherche, de les revendre à des entreprises d'IA via la Brave Search API, et de contourner leurs paywalls.

Le New York Times attaque Brave pour scraping au profit de l'IA et contournement des paywalls

Le 2 novembre 2026, le New York Times a déposé plainte contre Brave Software devant le tribunal fédéral du district sud de New York. La plainte présente Brave comme « le fournisseur, le revendeur et le distributeur de contenus protégés volés pour ses propres utilisateurs et pour plusieurs des plus grandes entreprises d'IA générative, dont Anthropic, Perplexity, Mistral, xAI et Cohere ». Le même jour, le New York Daily News, le Chicago Tribune et l'Orlando Sentinel ont déposé une plainte similaire devant le même tribunal, rapporte Ars Technica.

Ce que la plainte reproche à Brave

Selon la plainte, Brave a constitué son propre index de recherche en copiant des milliards de sites web. Via la Brave Search API, « les entreprises d'IA paient Brave pour obtenir du contenu en ligne en temps réel issu de l'index Brave », qu'elles utilisent pour entraîner leurs modèles, pour répondre aux requêtes des utilisateurs par génération augmentée par récupération (RAG), ou les deux. La plainte des éditeurs cite les pages produit de Brave, dont un index « News » et un endpoint « LLM Context ».

En s'appuyant sur des estimations de revenus tierces, le Times affirme que « Brave a gagné plus de 100 millions de dollars en copiant et revendant le travail des éditeurs sans leur consentement », alors que « les éditeurs n'ont rien reçu », cite Ars Technica.

La plainte invoque la contrefaçon directe, la contrefaçon par contribution et la responsabilité du fait d'autrui, pour l'index, la fonction de recherche IA « Ask Brave » et l'API, ainsi qu'une violation du DMCA pour contournement des mesures de protection (Ars Technica).

Le bloqueur de paywall et le remplacement des pubs

Le navigateur est la deuxième cible. « Le navigateur Brave inclut un réglage par défaut qui, une fois activé, passe derrière les paywalls des sites et fournit le contenu payant à l'utilisateur », dit la plainte, citée par Ars Technica. Elle ajoute que le navigateur bloque les publicités du site du Times et « affiche à la place ses propres pubs, en reversant une part des revenus à ses utilisateurs ». Ars Technica a testé Brave sur Mac et a pu lire un article payant du Times avec la fonction optionnelle « paywall blocker », activée dans les réglages par défaut et désactivable.

Le Times demande une injonction permanente, des dommages et intérêts légaux et réels, et la restitution des revenus de ce qu'il appelle le « système de substitution publicitaire » de Brave (Ars Technica).

Les réactions

Brave n'avait pas répondu à Ars Technica au moment de la publication. Perplexity, qui n'est pas visé ici mais fait l'objet d'une autre plainte du Times déposée en décembre 2025, a qualifié la procédure de « désinformation » dans une déclaration à Ars, sans pointer d'erreur précise. The Verge a aussi couvert ces plaintes, révélées par Reuters.

Pourquoi c'est important

Beaucoup d'assistants IA n'explorent pas eux-mêmes tout le web : ils achètent des résultats de recherche à un index comme celui de Brave. Cette plainte vise cette couche intermédiaire. Si elle aboutit, les entreprises d'IA qui dépendent d'API de recherche tierces pourraient payer plus cher ou couvrir moins l'actualité dans leurs réponses. Pour les annonceurs, l'affaire pose aussi la question de qui est payé quand un article est lu : l'éditeur dont les pubs devaient s'afficher, ou le logiciel qui les a remplacées.

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